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En Exclu avec Franck Provost. Réussir la réouverture de son salon

Mardi, 28 Avril 2020 09:48

Le 1er Ministre Edouard Philippe vient de définir cet après-midi à l'Assemblée Nationale la sortie en demi-teinte du déconfinement. Selon que les commerces se situent en zones "rouge" (zones tendues) ou "verte" (prêtes au déconfinement), ils pourront réouvrir comme prévu le 11 Mai sous condition d'organiser correctement les flux et le nombre de personnes au sein des établissements ainsi que le port du masque obligatoire pour les employés et les clients. Sont exclus les centres commerciaux de plus de 40 000 m2. Les règles sanitaires obligatoires seront clairement détaillés au sein des Guides et Fiches Métier par secteur et validés par le Ministère de la Santé avant le 11 mai.

Franck Provost, président du Conseil national des entreprises de coiffure (CNEC), et Christophe Doré, 1er Vice-Président de l'Unec, ont travaillé d'un commun accord avec les différents partenaires sociaux dont Aésio, dès le début de la crise sanitaire, afin de proposer au gouvernement une feuille de route complète permettant une reprise rapide de l'activité des salons de coiffure dès la réouverture possible.

Ce document de travail a été remis conjointement au Ministère de la santé et Ministère du travail vendredi 25 avril dernier.

En attendant de recevoir "les fiches santé &travail" validées par le gouvernement cette semaine qui entérinent définitivement les protocoles à mettre en place, nous avons interviewé Franck Provost, qui nous en explique les grandes lignes directrices. 

Toute la profession est en attente de la validation de ces documents qui permettront à chaque salon ou coiffeur à domicile de pouvoir organiser sa reprise à partir du 11 mai. Pensez-vous que nous serons tous en mesure de recevoir ce document cette semaine ?
Tout d'abord, je tiens à remercier toute la profession qui s'est organisée et impliquée dans cette réflexion. J'ai volontairement consulté dès le début de la crise tous les grands patrons de la franchise pour connaître leurs attentes. Conjointement avec Mr Christophe Doré, 1er Vice Président de l'Unec ainsi que les représentants de la Mutuelle Aésio, mais aussi les divers syndicats, fournisseurs de référence du secteur, nous avons rédigé de façon consensuelle notre ligne de conduite pour la réouverture des salons. Les débats que nous avons eu en amont, dès le début du confinement, nous ont permis de proposer un document complet et réaliste qui, j'espère, sera approuvé, ou modifié, par les ministères compétents. La bonne organisation de notre secteur a démontré sa capacité à avancer de façon très efficace. Nous espérons recevoir la validation cette semaine afin que tous les salons en France puissent préparer dans de bonnes conditions leur réouverture.

Pouvez-vous nous tracer les grandes lignes de ce protocole sanitaire  ?
La sécurité de nos salariés est primordiale. Nous leur demanderons la plus grande vigilance dans le respect des protocoles sanitaires afin de ne pas se retrouver devant une seconde vague de contamination. Pour les coiffeurs, les ports du masque et des lunettes seront donc obligatoires, et pour les barbiers, les ports du masque, de la visière et des gants. L'utilisation des gants a été longuement débattue avec des scientifiques et ne sera pas obligatoire, sauf pour les prestations techniques comme la coloration. Après chaque client, le coiffeur sera tenu de désinfecter la totalité de son espace de travail, de ses outils, devra se laver les mains et changer ses protections. Tous ces gestes devront être parfaitement normés par des fiches présentes dans les salons afin que chaque collaborateur respecte à la lettre les consignes. Une seconde vague serait une vraie catastrophe pour le secteur.

Toutes les prestations seront donc possibles dans les salons dès la réouverture ?
Oui, toutes les prestations seront possibles. La question s'est posée pour les prestations barbe. Nous avons comparé les situations dans différents pays et nous nous sommes appuyé sur différentes études scientifiques afin de bien évaluer la situation. Le plus important est, et restera, le port du masque. Ce masque sera accompagné d'une visière pour les barbiers afin de les protéger des projections liées au rasoir. Les salons de coiffure ouvrent en même temps que les instituts de beauté qui sont confrontés à des problématiques similaires sur certaines prestations. 

Et pour les clients, quelles seront les mesures à mettre en place ?
Concernant le protocole sanitaire à mettre en place pour accueillir les clients, celui-ci reprend tout d'abord les gestes barrières que nous connaissons déjà. Les clients devront se laver les mains en entrant ou se désinfecter avec du gel hydroalcoolique. Ils devront apporter de préférence leur propre masque avec des élastiques positionnés derrière les oreilles afin de permettre aux coiffeurs de travailler dans de bonnes conditions. Nous avons là aussi longuement débattu sur la fourniture des masques par les salons, mais si nous nous appuyons sur les chiffres de 1 million de clients par jour, - même si ces chiffres sont d'avant la crise - , nous ne sommes pas en mesure de fournir autant de protections. C'est pour cette raison que nous avons privilégié cette option afin de ne pas mettre les salons en difficulté. Le client utilisera un peignoir à usage unique, qu'il soit jetable ou lavable en machine avec une lessive désinfectante, puis séché au sèche-linge. L'organisation du salon devra prévoir une distance de 1 mètre entre chaque banc de coiffage et l'utilisation d'un bac à shampooings sur deux. Les shampooings seront obligatoires. Chaque client devra venir seul au salon afin de ne pas encombrer les espaces. Par contre le nombre de personnes n'est pas limité car tout dépendra de la grandeur du salon. C'est la distance disponible entre les personnes qui déterminera le nombre de personnes dans le salon.

L'organisation va être très importante. Les rendez-vous en ligne seront obligatoires et l'amplitude horaires devra être elle-aussi revue afin de recevoir chaque client dans des conditions optimales.

Financièrement, tous ces protocoles sanitaires ont un coût non négligeables pour le salon. Conseillez-vous de répercuter ces frais sur la tarification ?
En effet, nous avons estimé que ces nouvelles règles d'hygiène sont évaluées entre 2 et 3 euros par client. Mais ce sera à chaque entreprise de décider de la manière dont elle entend répercuter ce coût sur la facturation. Beaucoup d'entreprises qui avaient déjà une trésorerie tendue avant la crise seront certainement obligées de facturer ces achats supplémentaires si elles souhaitent conserver leurs marges. Chez Provalliance, le kit hygiène sera de l'ordre de 2 euros. Chaque franchisé sera libre de refacturer, ou pas, ces coûts supplémentaires.

On sent, en consultant les forums de discussion et les réseaux sociaux, une certaine inquiétude chez les coiffeurs concernant leur santé, mais aussi la pérennité de leur entreprise. Quel message souhaitez-vous leur faire passer aujourd'hui ?
Il est tout à fait légitime que les coiffeurs soient inquiets pour leur santé car nous sommes en permanence en contact avec nos clients. Il est très important d'en parler librement. Chez Provalliance, nous avons ouvert un compte facebook dédié à la discussion entre collaborateurs afin que chacun puisse exprimer ses inquiétudes et ses attentes. Notre objectif est de garantir la sécurité de tous. Mais cela passe par la responsabilité et la vigilance de chacun d'entre nous. L'attention que chaque personne mettra dans le respect des gestes sanitaires aidera tout le secteur à avancer sans risquer une seconde vague de contamination.

Il est clair que nous allons tous devoir nous adapter à de nouveaux gestes d'hygiène qui pour, certains d'entre eux, pourront se pérenniser. La reprise va nécessiter des efforts de la part de nous tous, mais notre profession est indispensable à la vie sociale et à la vie économique de notre pays.
Des sondages récents qui ont été menés sur les attentes des consommateurs après le déconfinement, démontrent que 59 % des français ont envie de retourner chez leurs coiffeurs. De nombreux articles et reportages télé ont mis en lumière notre profession. C'est très encourageant pour la valorisation de notre métier mais aussi pour tout notre secteur d'activité. Cette crise nous a appris qu'il va falloir s'adapter. Et tous ensemble nous allons y parvenir !

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